Installation/collage
sur les murs de la cité Youri Gagarine Romainville(93) oct. 02
Photocopies géantes, colorées, collées sur les murs de
la cité.
| J'ai vécu une partie de mon adolescence dans une cité H.L.M.de Romainville. Je venais d'une petite ville de province et ne suis jamais arrivé à comprendre ni à m'intégrer à cette vie où « marave » rimait avec caves, où la poudre faisait battre les coeurs dans la colonne sèche et faisait disparaître les mobylettes sur les paliers, où le tapage nocturne des voisins collait toujours des bleus sur le visage de ma voisine. Oubliés du monde, les habitants ont eux même oublié le reste du monde. Une vie parallèle, si prés de la ville, où tout le monde attend quelque chose qui ne vient jamais, où tout le monde rêve d'un ailleurs, sachant qu'il leur est interdit. Une cité dans la cité, une vie dans la vie avec comme fenêtre ouverte sur le monde une antenne parabolique. Alors les vacances remplissent les cours et les entrées de bâtiments d'enfants et de jeunes qui attendent au rythme d'un « toast » entendu la veille sur M.T.V. A 18 ans, je suis parti |
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| L'idée était de reprendre « l'univers
oignon » de la cité pour y réaliser une installation
monumentale. Contrairement aux « décorations » habituellement
pensées par les urbanistes dans les cités, toujours en parfait
décalage d'avec les habitants, leur vie ; je propose de prendre les
habitants eux même comme point de départ de mon travail photographique.
Et c'est avec un appareil numérique que je me suis livré au
jeu du miroir, photographiant au gré de mes rencontres, au pied des
immeubles. Je voulais éviter de faire un reportage social, mais plutôt
une série magnifiante, rendant aux habitants la possibilité
d'être eux mêmes source de rêve et d'héroïsme.
Les photos réalisées, il ne restait plus qu'à les agrandir
jusqu'au monumental pour les coller à l'endroit même où
elles avaient été prises. Reportage du temps mais pas du lieu,
cette série s'inscrit dans le cadre de la photo de famille où
ce sont des photos de gens adressées à ces gens eux mêmes.
Ces gens qui justement ne mettent jamais les pieds dans un centre d'art
ou un musée. Mon but était de rendre hommage aux générations
qui m'ont suivi et remplacé dans cette cité. |
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